Corette MOUEZA Soprano lyrique
Défis, Technique vocale

Défi 2021 (2) : Coretta JEAN-ALEXIS MOUEZA, soprano lyrique épanouie.

Originaire de la Martinique, Coretta JEAN-ALEXIS MOUEZA est diplômée du Conservatoire à Rayonnement Régional de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), en piano et en violon. Professeur dans un collège aux Abymes, elle fait découvrir aux jeunes guadeloupéens une culture musicale riche et variée telle que l’art lyrique. Elle obtient le premier Prix de chant lyrique à l’unanimité au Conservatoire International de Musique de Paris puis récompensée en 2017 aux “Talents des Outre-mer”. (CASODOM- Ministère des Outre-mer). Elle est finaliste du concours Voix des Outremers à l’opéra Bastille à Paris en Janvier 2021. Coretta se produit fréquemment dans des festivals ou des récitals en Guadeloupe, en Martinique, en France ou dans des rôles d’opéra comme la Deuxième Dame de la Flûte enchantée de Mozart au National Opera Center à New-York et à l’Artchipel avec le collectif Carib Opéra.

Interview #2

Karine GENE : Bonjour Coretta, pouvez-vous vous présenter brièvement ?

Coretta JEAN-ALEXIS MOUEZA : Je suis Coretta MOUEZA, chanteuse lyrique mais aussi une mère de famille, épouse, enseignante, plusieurs métiers à la fois qui font mon épanouissement professionnel et personnel.

K. G. : Quel a été votre parcours en chant lyrique ?

C. J. A. M. : Mon parcours est un peu atypique et pas comme celui de tous les autres chanteurs lyriques. En fait, je suis d’abord une instrumentiste. Je suis partie au Conservatoire à Rayonnement Régional (C.R.R.) à Reuil-Malmaison pour faire un Bac option musique et pour faire une carrière de pianiste. Et donc j’étais une bonne pianiste – plus maintenant, c’est vrai que j’ai perdu – et je jouais du piano et du violon au Conservatoire et en même temps, j’étudiais la musicologie à Paris Sorbonne pour être professeur de collège. C’est en musicologie qu’on m’a dit « Mais pourquoi vous ne chantez pas ? Vous avez vraiment une très belle voix ! ». Et à mon époque, je suis de 1977, donc dans les années 90, on n’avait pas trop d’images de chanteurs lyriques antillais et pour mes parents, chanteur lyrique, non, ce n’était pas un métier !

Donc j’ai continué les instruments et j’ai poursuivi vers le professorat de musicologie ;  ce n’est qu’en arrivant en Guadeloupe que Mme SANTIAGO-BENJAMIN, professeur de technique vocale,  m’a dit lors d’un stage « Education nationale »: « Mais c’est hors de question ! Vous avez une voix ! Mais qu’est-ce que vous faites avec cette voix ? »  Donc à l’époque, j’accompagnais les chanteurs lyriques au piano. J’ai accompagné Katarina MARSOLL et pleins de chanteurs lyriques et au fur à mesure, cette prof, madame Benjamin m’a vraiment guidée et préparée au métier de chanteuse lyrique.

Entre toutes mes grossesses, j’ai pu repartir à Paris en 2011 pour repasser un examen pour avoir le prix de chant dans ma catégorie hors d’âge. Les chanteurs lyriques ont leurs prix jusqu’à 26 ans, 28 ans maximum et moi j’avais déjà 35 ou 34 ans à l’époque. Je suis donc allée dans un autre conservatoire pour préparer le prix que j’ai eu à l’unanimité. Tous les professeurs de ce conservatoire m’ont félicitée et cette fois-ci, je suis revenue en Guadeloupe avec ce prix de chant et j’ai débuté une carrière, voilà. Mais une carrière, je suis réaliste, je ne sais pas si on aura d’autres questions sur cela mais je suis réaliste par rapport à cette « carrière » : je ne suis plus destinée, pas par rapport à mon niveau, mais par rapport à mon âge à être une chanteuse lyrique à l’Opéra de Nice et compagnie parce que je n’ai plus l’âge tout simplement. Donc je suis épanouie dans la carrière de chanteuse lyrique à ma manière c’est-à-dire lorsque j’ai des occasions avec des festivals avec des Américains, des récitals en Guadeloupe, en Martinique, en Russie… J’ai fait un récital à Montfermeil, le Festival des Outre-Mer. Je marque comme ça ma petite touche un peu partout mais sans avoir cette vision d’être un jour être soliste à l’Opéra de Paris. Non, c’est bon !! C’est différent, tout simplement ! (rires)

K. G. : Oui, c’est différent mais on peut quand même vivre son art autrement. C’est institutionnellement que c’est bloqué.

C.J.A.M. : Oui, voilà.

K. G. : Quelles sont les plus grandes difficultés auxquelles vous avez été confrontée au cours de cet apprentissage du chant lyrique ?

C.J.A.M. : Au tout début, Mme BENJAMIN me disait (sans prétention aucune) : « Vous êtes un diamant que je vais façonner. » Le gros problème que j’avais – qui est une qualité mais qui est un gros défaut- c’est que j’avais une voix très naturelle. Donc je montais dans les aigus facilement et je descendais dans le grave facilement. De ce fait, je travaillais moins mes aigus et mes graves et il ne faut pas, en fait ! Il faut travailler tout le temps même avec ce truc naturel. Donc madame BENJAMIN me répétait à chaque fois : « Non, non, vous travaillez les aigus ! ». Et autres problèmes que j’avais, ma voix était très lourde, puissante et pas du tout légère. Légère, c’est-à-dire pour faire des fioritures ( elle chante ). Ça, j’étais incapable de le faire! Elle m’a vraiment aidée à alléger ma voix. Ça a pris quelques années d’allègement et de travail particulièrement difficile pour moi.

Une prof en Espagne me disait « Le big C ! ». Le gros C, c’est avoir cette image de C . D’ouvrir comme un C, à l’intérieur, à l’arrière.

K. G. : Et donc quel conseil donneriez-vous à un débutant en chant lyrique ? Quel serait le conseil spécifique au chant lyrique ?

C. J. A. M. : Alors déjà en général, la voix, il faut la travailler tous les jours. En chant lyrique, il faut baser toute la technique de la voix sur la respiration, les résonances à l’intérieur, la caisse de résonance, voilà. Il faut vraiment travailler sur l’ouverture intérieure. Il ne faut pas penser que le chant lyrique c’est donner de la puissance ; il faut vraiment baser sa projection sur la respiration et l’ouverture intérieure. Beaucoup de professeurs me parlaient de cette ouverture intérieure. Une prof en Espagne me disait « Le big C ! ». Le gros C, c’est avoir cette image de C . D’ouvrir comme un C, à l’intérieur, à l’arrière. D’autres professeurs m’en ont parlé avec des termes différents. Mais c’est vrai que c’est respiration et ouverture. Ne pas penser que parce qu’on s’entend très fort chanter l’extérieur vous entend très fort chanter. Au contraire : lorsque l’on s’entend fort, parfois on garde tout pour soi. Il faut vraiment se baser sur cette projection parce qu’un chanteur lyrique est censé chanter aussi fort que l’orchestre, et un orchestre c’est 70 musiciens. Donc mon conseil pour chanter en lyrique c’est la respiration. Il vaut mieux avoir une respiration assez basse plutôt qu’une respiration trop haute avec les épaules. Il faut vraiment de la détente musculaire et de la focalisation sur le bas du ventre. C’est ce que j’enseigne à mes élèves au collège. Donc j’ai aussi une chorale au collège, on fait des projets avec d’autres collèges et je travaille sur la technique vocale lyrique avec les élèves. On travaille la voix de poitrine, la voix de tête mais surtout la projection devant. Surtout cela.

En ce qui concerne un conseil à donner, voilà une petite précision : c’est vrai que lorsque je chante du chant populaire, des biguines etc., je n’ai pas la même utilisation de ma voix. Donc lorsque je chante une biguine c’est un peu différent. La technique à aborder, c’est vraiment la voix de poitrine alors que le chant lyrique est souvent en voix de tête. On pense vraiment assez haut. Et c’est un peu particulier les deux techniques. Mais je dis à tout chanteur d’essayer quand même la technique lyrique.

Coretta J.A. MOUEZA au Café Philosophie.

K. G. : Il y a un autre point en chant lyrique – comme ça peut l’être en chant populaire – vous chantez beaucoup en langues étrangères, en italien par exemple. Comment avez-vous commencé à aborder les chants en langues étrangères ?

C. J. A. M. : Je ne parle pas italien, je ne parle pas allemand. Je ne parle pas le russe. (rires) J’ai travaillé un chant russe mais c’est simple : il faut avoir un professeur de langue. Par exemple, je ne peux pas travailler seule un chant italien. Comme j’avais un répertoire basé sur des chants italiens, pendant 1 an, j’ai pris des cours avec une Italienne qui était de passage en Guadeloupe. Donc elle venait chez moi et m’apprenait à parler italien. A la fin du cours de 2 heures, on travaillait mes textes de chant mais sans chanter ; c’était vraiment le texte, Parliamo italiano ! Parce que dans toute langue, il y a des accents toniques, naturellement et il est vrai que même si on pratique le texte italien en chantant, on n’aura jamais cet accent naturel de la langue qu’il faut obligatoirement avoir pour pouvoir le chanter et qui est très différent de notre langue française ou créole. Voilà, c’est complètement différent donc il vaut mieux avoir un professeur pour chaque langue. C’est comme ça que ça se passe au Conservatoire à Paris ou à Lyon : ils ont vraiment un prof de chant de langue pour avoir vraiment la spécificité de chaque langue. Pour le chant en russe, je crois que je me suis fait aider par un Polonais qui m’a lu le texte. Même en Guadeloupe, on essaie de se débrouiller à droite et à gauche pour trouver un prof de langue.

La routine, c’est toujours la respiration pour commencer.

K. G. : Quelle est votre routine de travail aujourd’hui ?

C. J. A. M. : Pour le chant lyrique, c’est vrai que j’ai une petite routine qui consiste à travailler avec du silence autour de moi. Je suis maman de quatre enfants et si les enfants sont à la maison, je m’enferme dans une pièce. La routine, c’est toujours la respiration pour commencer. C’est vraiment répétitif. C’est vraiment ça, c’est la respiration. Je dois faire un peu près 15 minutes d’échauffement de respiration. C’est le diaphragme, l’ouverture des côtes dorsales etc. Je fais très peu de vocalises : dans tout l’échauffement qui dure ½h, je dois faire à peu près 8 à 10 mins de vocalises. Alors je continue à avoir ce gros défaut de ne pas travailler les aigus mais de travailler le médium, c’est-à-dire les notes de DO3 et LA3 qui sont les faiblesses des sopranos. Je suis soprano donc je travaille les médiums. J’ai à la fois de superbes graves et de superbes aigus et en fait, je fais mes vocalises aigües vraiment après avoir travaillé le chant. Avant, je ne m’échauffais pas comme ça. Je faisais vraiment toutes mes vocalises du grave à l’aigu en plus de la respiration. Je fais la respiration puis je chope les mediums. Je commence par des chants très bas, très doux, monotones et un peu stables et ensuite je monte en gradation au niveau des chants. Et lorsque que j’ai fait vraiment les chants qui « poussent », je continue à chauffer mes aigus. Mais là c’est vraiment avec l’âge. Je ne pense pas que toutes les sopranes font cela. Malheureusement, avec l’âge, la voix prend son temps. En général, il faut vraiment garder cette base de respiration. Avec les enfants au collège avec qui je travaille, on est tous masqués pour travailler. Donc franchement on fait un peu de vocalises mais on essaye quand même de faire des petits exercices de respiration pour réveiller le diaphragme.

Mais ma routine, ce n’est pas tous les jours, par contre, parce que je suis enseignante en même temps donc je la fais déjà avec les enfants dans la journée. Mais c’est vrai que mon travail de chant lyrique je dois le faire à peu près 4 à 5 fois par semaine, comme ça, vraiment poussé. Bien poussé c’est 4 fois par semaine.

Concert en Bulgarie avec l’Orchestre Pazardzhik State Symphony dirigé par Marlon DANIEL.

K. G. : Le travail avec orchestre. Comment s’y prépare t-on ? Avez-vous une anecdote ?

C. J. A. M. : J’ai travaillé pour la première fois avec un orchestre lors d’un festival avec Marlon DANIEL, un chef américain qui était venu en Guadeloupe pour le Festival Chevalier de Saint-Georges. Donc il y avait des Américains et nous étions deux sopranos antillaises, Léïla BREDENT et moi-même, et ça a été l’un des plus beaux moments.

Lorsqu’on entend la première fois un orchestre de 70 musiciens devant soi et qu’on est au milieu de l’orchestre parce qu’on va chanter avec eux, c’est tellement une extase totale et dans toute mon extase totale, j’ai commencé à chanter comme si j’étais le pianiste : je faisais mes points d’orgue, tranquillement, sans m’occuper de l’orchestre. Et évidemment les 70 musiciens n’ont pas compris !!! (rires). Le chef d’orchestre lui a compris mais le temps qu’il réagisse… Pour chanter avec un orchestre il faut vraiment savoir anticiper ; c’est vraiment ça, c’est anticiper ! Donc un point d’orgue c’est quoi ? C’est une tenue, ces tenues que les sopranos adorent, les tenues bien aigües ( elle chante ) comme ça et à la descente. Il faut vraiment savoir anticiper pour qu’on soit ensemble avec l’orchestre ! Et ça je n’avais pas trop compris au début et l’ Américain dans tout ça disait en anglais : « Not good, not good ! »(rires). Je suis une pianiste, musicienne, donc une fois que j’ai compris l’anticipation qu’il fallait avoir avec l’orchestre, ça a été un régal et j’ai rechanté avec notre orchestre en Bulgarie. Alors là, c’était quelque chose ! Dans la salle, avec ce même chef avec qui j’avais déjà travaillé, on se connaissait : c’était un peu plus facile parce que j’avais fait ça en Guadeloupe et c’était vraiment magique. C’était vraiment… jouissif ! Surtout par rapport au fait que je suis allée en Bulgarie interpréter l’Ave Maria de Jean-Michel LESDEL. Lorsque l’orchestre a commencé à jouer l’introduction arrangée par le chef d’orchestre ( c’était quand même l’introduction de Jean-Michel qu’il faisait avec moi au piano lors des concerts dans les églises ), il y a eu une larme qui est tombée parce que je me suis sentie tellement bien de proposer aux Bulgares la musique d’un compositeur guadeloupéen vivant. L’ Ave Maria de Jean-Michel est tellement beau !! Et avec l’orchestre, c’était vraiment une extase totale.

K. G. : C’est vraiment intéressant d’entendre tout cela !

C. J. A. M. : Oui, c’est vraiment ce moment-là qui a été très important pour moi, ce moment avec l’orchestre.

K. G. : Récemment j’ai vu que vous avez participé au Concours Voix des Outre-Mer. Quel est l’intérêt pour vous de faire des concours et en quoi vous aident-ils à progresser ?

C. J. A. M. : Alors au début de mes années de travail de chant lyrique, j’ai essayé de passer des concours. J’ai vraiment commencé à travailler le chant vers 30 ans mais à 30 ans, les concours de chant lyrique, c’est fini ! Malheureusement les concours de chant lyrique, c’est entre 25 et 29 ans. A partir de 30 ans, c’est plutôt une fin de carrière et les seuls concours hors d’âge qui existent, je saute dessus mais pas pour avoir un espoir d’être dans le casting : c’est vraiment un challenge ! J’ai passé un concours à Paris : c’était jusqu’à 40 ans, j’avais à l’époque 38 ans, j’étais quoi la 7ème ou la 8ème donc voilà, c’était sans intérêt pour eux mais j’étais quand même fière de ce que j’avais fait au niveau travail comparé à des jeunes de 22 ans, 23 ans qui travaillent le chant lyrique toute la journée avec des professeurs de technique et de tout ! Et moi, avec Mme BENJAMIN, j’ai pu quand même avoir accès à ce concours.  J’avais été sélectionnée ! Cela permet de se dépasser et même si tu ne gagnes pas le concours, lorsque tu retournes aux Antilles, tu as partagé des choses avec des jurys de concours, tu as eu d’autres conseils, tu as eu d’autres échanges avec d’autres candidats et le concours Voix des Outre-Mer, pour moi, c’était ça. A la finale de Paris, il n’y avait que des jeunes qui travaillent la voix et qui sont déjà sur les opéras, partout. Il n’y a pas photo ! Mais c’était encore un challenge et j’étais fière de pouvoir avoir la première Voix des Outre-Mer Guadeloupe. Cela ne s’était pas encore fait depuis 3 ans que le concours existait, c’était la première fois qu’ils donnaient ce prix Voix des Outre-Mer Guadeloupe par un jury en France et un jury guadeloupéen ( je crois qu’il y en avait un en Martinique). Donc c’est avec fierté que j’ai représenté la Guadeloupe. Mme CALMET, une grande chanteuse lyrique à Paris m’a dit « Non, non vous avez très bien chanté mais le niveau était très haut. ». Les membres du jury m’ont donné des conseils. Fabrice DI FALCO m’a aussi dit que c’était très bien mais que le niveau était très haut. Vraiment, c’est un challenge et cette année, c’était la troisième édition des Voix des Outre-Mer : même Fabrice DI FALCO et Julien LEULEU, le président de l’association Les Contre-courants, ont trouvé cette édition tellement épatante par le côté humain. On s’est vraiment transformé en une famille de la 3ème édition. L’ambiance était incroyable, une ambiance pas spécialement de fête avec le coronavirus mais une ambiance d’entraide. Edwin FARDINI, le gagnant m’a donné des conseils avant de monter. Moi, je donnais des conseils aux plus jeunes. On s’enregistrait, on commentait nos vidéos ensemble. C’était vraiment une famille Voix des Outre-Mers. Cette année était vraiment particulière et j’étais très heureuse de participer à cette édition.

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Concours Voix Outre-Mer. Photo de Thierry JOLY

K. G. : Qui est la soprane dans le chant lyrique et quel genre de rôle tient-elle ?

C. J. A. M. : Alors la soprano, c’est la voix aigüe de la femme dans les tessitures mais, depuis quelques siècles, je crois depuis le 19e siècle, il y a différentes catégories de soprano. Voilà donc tu as la soprano à la voix un peu moyennement grave mais qui va quand même un peu dans l’aigu. Tu as la mezzo soprano avec des rôles comme Carmen par exemple : ce n’est pas trop aigu mais il faut de super bons médiums ! Et puis on monte : tu as la soprano dramatique qui est toujours un peu comme Carmen mais qui monte un peu plus dans les aigus. Tu as la soprano lyrique que je suis qui peut avoir à la fois des graves et des aigus. Et dans les sopranos plus aiguës, la soprano léger comme Corinne HALLPICKE : c’est une chanteuse guadeloupéenne qui n’est malheureusement pas assez connue en Guadeloupe. C’est l’une des voix les plus aigües de la Guadeloupe. Soprano léger mais qui n’a pas le côté médium de la lyrique. Elle chante des airs comme La Poupée, des chants légers très aigus. Souvent les gens confondent la colorature. Voilà, en général ils appellent une colorature celle qui monte très aigu. Alors qu’il y a des basses colorature, des mezzo colorature, des ténors colorature. En fait la colorature, c’est l’espèce d’agitation dans la voix (elle chante). C’est une voix qui bouge, colorée. Il y a évidemment la soprano colorature, là, c’est la reine de la nuit.

On avait tendance à me dire que je suis une soprano colorature. Non. C’est vrai que je suis une soprano lyrique qui a des capacités: je peux faire un petit peu tout mais je suis une soprano lyrique. Elle chante des chants italiens, des Puccini, des Tosca etc. C’est vraiment la puissance de la voix et de bons aigus.

K. G. : Dernière chose : vos projets à venir ? Et y a-t-il des gens de votre parcours que vous souhaitez remercier ?

Coretta JEAN-ALEXIS MOUEZA et Eda PIERRE.

C. J. A. M. : Alors déjà madame Benjamin ! Elle est parfois beaucoup critiquée mais c’est elle qui m’a permis vraiment d’ouvrir cette voie à ma voix lyrique. C’est elle que je voulais vraiment remercier. Merci beaucoup Fatima SANTIAGO-BENJAMIN ! Evidemment je ne vais pas citer tous ceux qui m’ont aidée, ce serait vraiment long mais c’est elle qui a vraiment été le point de départ. C’est surtout Gérard POUMAROUX qui m’a ensuite aidée ainsi qu’Eddy COMPERE. Tous ces gens-là ont été là pour moi. Il y a aussi une chanson que j’ai chantée avec Christiane Eda PIERRE. La rencontre avec elle est une rencontre importante dans ma vie de chanteuse lyrique et de femme. 

Alors, mes projets à venir : il y aura quelque chose dans l’année. Quelque chose, mais pour le moment, le mois de mars est chargé ! Le Café Philosophie de Farid K. ABDELAZIZ le 13 mars. C’est un lieu où les gens doivent aller et un lieu qu’ils doivent connaître ! Ce sera avec Benoît STEVAUX, un superbe pianiste. Le 27 mars, on a le concert Voix des Outre-mer avec Benoît STEVAUX et là je serai avec tous les participants de Voix des Outre-mer. Le 10 avril, je serai en duo avec Béatrice WRONECKI-BARGAS, toujours au café Café Philosophie. Malheureusement, nous n’avons pas d’autres salles pour produire tout cela.

K. G. : Un grand grand MERCI, Coretta !

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1 commentaire

  1. Quel beau parcours et quelle voix!!!!!

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